Zaric

La tendresse en béton de Nikola Zaric
Le sculpteur démoule depuis plus de vingt ans un bestiaire tendre, peuplé d’hommesanimaux ou de bêtes-bonhommes en béton, Homlièvre ou Taurhom bienveillants.
Glaise et béton
Dans son «atelier-yourte», Yespig, le cochon à la tête dodelinante, accueille les intrus sur sa planche à roulettes. D’autres têtes animales s’entassent, originaux en terre qui ont servi de base pour le moulage, mûrs pour la casse avant d’être mouillés pour renaître. Zaric fonctionne avec la même masse de cette terre grasse et plastique découpée dans la glaisière de Pantin, en Ile-de-France, où venaient se fournir Rodin et Brancusi. S’alignent aussi les moules sanglés où s’est coulé Barbilapin. «Le béton, c’est la richesse et le mystère de la pétrification, du volume.» Le côté hiératique de ses pièces le ramène à la sculpture égyptienne, «très compacte, où l’on sent encore le bloc de pierre dans lequel la pièce a été taillée». Dureté, densité, paix. Le plâtre garde inscrites les cicatrices de la terre entaillée. Puis l’intérieur du moule, enduit de pigments, accueille le béton. Et la magie opère. «Je reste fasciné par le mystère qui entoure le processus. La pièce fait son chemin et on accueille la surprise qu’elle nous réserve au démoulage, avec ses traces de suture, ses défauts, ses endroits plus ou moins patinés.» Processus similaire pour les petites pièces que le sculpteur fait jouer dans la paume de sa main. Celle-ci s’appelle Ken, la maquette articulée de Barbilapin, avec son collier métallique que Zaric se passe autour du cou. Puis il fait cliqueter deux petits lièvres sur leur tricycle. Univers du jouet, mélodie de l’enfance. «Il y a quelque chose d’extrêmement touchant dans le petit format. Une force qui se dégage pour nous dire: «Voilà, tout est dit».

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