John Lippens

Néobaroque. Assurément. Ne fût-ce que parce que j’ai toujours opté pour des ruptures de style, empêchant ainsi toute reconnaissance nominale immédiate, où la forme fonctionnerait comme signal identitaire. Mais cette propension à la métamorphose n’empêche pas quelques constantes :

 

  • La mise en place d’un dispositif souvent complexe qui permet la fabrication de l’image. C’est sur ce dispositif, sorte d’appareillage technique, que portent mes efforts et ma réflexion ; l’image vient après, elle en est naturellement et automatiquement issue.

 

  • L’hybridation des médiums, vu que les dispositifs en conjuguent souvent plusieurs simultanément : peinture, photographie, installation, numérique…Là aussi, ne pas donner la possibilité d’une appréhension trop directe de l’image. Elle doit dérouter. Et retarder le plus possible les réflexes de catégorisation. L’œuvre doit renvoyer l’incomplétude du regard pour qu’il s’ouvre vers le dedans.

 

  • L’appel à la participation active du spectateur, manière de matérialiser cette dimension essentielle dans la genèse de l’œuvre d’art, qui est de s’adresser à l’autre.

 

  • Formellement une tendance au flou, à l’estompage, à l’imprécis. C’est le mouvement et l’entre-deux qui m’intéressent. Le flou est un analagon de la mémoire ; une photo nette est un mensonge mnésique.

 

Voilà pour le style et l’esprit. Quant aux thématiques, abordées, elles sont multiples, avec une prédilection pour des questionnements autour de la mémoire, du temps et des angoisses existentielles. On pourrait sans doute parler d’art réflexif.

 

Informations