Anne Pantillon

La peinture expérimentale est au centre de ma démarche. Les effets du son sur le corps me fascinent par leur pouvoir évocateur, leur impact physiologique, émotionnel. Le son me connecte à ma mémoire et aux images inconscientes.

Pourquoi pas ? dans ma vie d’artiste, le ‘pourquoi pas’ est ce qui décide de la suite, un carrefour mental.
Laisser tomber l’outil, pourquoi pas ?
C’est ce qui est arrivé le 7 octobre 2014. En cours de travail, j’ai lâché les deux pinceaux que je tenais avec chaque main, pour tracer la feuille avec les doigts, les mains, les bras.
L’expérience a débuté par une forme d’écriture automatique afin d’obtenir une proximité maximale avec le son et réduire le contrôle mental. Cette transcription instinctive s’est développée vers une virtuosité du geste, un vocabulaire de plus en plus riche, une grammaire plastique libre. L’écriture de la peau est aussi fine et variée que celle d’un pinceau, mais son expression est par essence plus organique. L’empreinte préhistorique se devine à peine pour plonger le spectateur dans un état contemplatif, interrogatif.

J’aime citer Yves Klein car mon travail fait écho au sien:

« J’appartiens à la civilisation de l’image. Ce qui compte pour moi est de laisser des traces. »

Le mystère du vivant nous lie, au-delà de nos particularités, de nos différences, de nos conflits.
Mes partitions d’empreintes pulsées se joignent aux traces des hommes, des femmes, des artistes qui m’ont précédée.

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