Anne Pantillon

INTÉRIEUR(S)

L’immobilité forcée est un arrêt sur image.

Le confinement des mois de mars et avril 2020 a été le catalyseur d’une nouvelle série de peintures de grands formats, réalisées sur des draps de lit anciens monogrammés.

La fenêtre
Ce thème a été traité par de nombreux artistes. Avec le confinement de 2020, le lien entre le dedans et le dehors prend un sens nouveau, les fenêtres sont des passages, des limites, des espaces de fuite. Elles cadrent le regard, le temps, la présence et l’absence des autres, les projections et émotions de chacun, l’intérieur et l’extérieur de nous-même.

Intérieur(s)
Après la réalisation quotidienne d’aquarelles ‘en intérieur’, de jour et de nuit, l’urgence de les transposer à l’atelier s’est fait sentir. Deux évidences sont apparues : rendre ces vues à leur taille réelle, et contourner l’absence de matériel en peignant sur des draps de lits hérités de ma famille sur plusieurs générations. La vertigineuse portée symbolique de ces toiles de coton monogrammées, lieux de passage de vies entières, de la conception à la mort, s’est imposée.

Processus
Il n’est pas question de projeter des photographies sur des draps, la copie ne m’intéresse pas. L’image se compose progressivement par l’addition et la soustraction de plusieurs points de vue, aquarelles d’origine et instantanés. Il s’agit de créer un espace subjectif, de retrouver les sensations de ces instants, d’y inviter le spectateur.

Anne Pantillon, janvier 2021

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