Giancarlo Mino

Regardez les gens courir affairés, dans les rues. Ils ne regardent ni à droite ni à gauche, l’air préoccupé, les yeux fixés à terre, comme des chiens. Ils foncent tout droit, mais toujours sans regarder devant eux, car ils font le trajet, connu d’avance, machinalement. Dans toutes les grandes villes du monde c’est pareil. L’homme moderne, universel, c’est l’homme pressé, il n’a pas le temps, il est prisonnier de la nécessité, il ne comprend pas qu’une chose puisse ne pas être utile; il ne comprend pas non plus que, dans le fond, c’est l’utile qui peut être un poids inutile, accablant. Si on ne comprend pas l’utilité de l’inutile, l’inutilité de l’utile, on ne comprend pas l’art; et un pays où on ne comprend pas l’art est un pays d’esclaves ou de robots, un pays de gens malheureux, de gens qui ne rient pas ni ne sourient, un pays sans esprit; où il n’y a pas l’humour, où il n’y pas le rire, il y a la colère et la haine. (Eugène Ionesco)

Que dire de plus…
Après avoir essayé d’apporter des réponses « utiles » et fonctionnelles pendant 12 ans dans le milieu du design de produits et de l’architecture d’intérieur, je décide enfin de (me) poser des questions « inutiles » à travers le dessin et la peinture…Mon « background » de designer restera à jamais une base « utile » à la conception d’objets et d’espaces « inutiles »…!

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