Marc Batalla

Ouvrir un tiroir. Débarrasser un coin de table et ranger une pile de livres. Les mains déblaient les recoins et laissent affleurer des objets mis au secret. Brassés au gré de gestes transparents, les objets se mêlent aux dessins, les ombres se superposent aux peintures, les présences glissent vers des états provisoirement stabilisés et déploient dans le temps des méandres où se perdre.
Je creuse mon regard dans une réalité entremêlée, dense et obscure. Je travaille à peindre les figures qui résulte du frottement de mes yeux avec le monde comme on accueille les incohérences d’un rêve : sans m’étonner de rien, sinon de recevoir avec netteté et précision les faits qui les composent. Sinon d’éprouver la fragilité de mon consentement à ce jeu.
Dehors, d’autres voix m’interpellent : « Wo stehst du mit deiner Kunst, Kollege ? »
Je tourne le dos à la peinture, elle me rattrape.

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