Marie-Claude Gardel

 

Au sens que je lui donne, l’atelier de gravure est un laboratoire : un lieu d’investigation technique, de mise au point, de paramétrage, de travail sur la paillasse.

 

La maîtrise cependant n’est pas toujours au rendez vous. Le hasard entre en jeu, l’inopportun peut être. L’accident ? Nommons ça comme ça.

 

A cet instant, la posture artistique est ébranlée, sollicitée. On trébuche devant l’inconnu.

 

Surtout ne pas jeter !! attendre…élargir le champ de vision et d’interprétation.

Cet accident,   plutôt…  cette nouveauté , comment fait elle vivre l’image en projet ?

La dérive pourrait être source de vitalité nouvelle ?

 

Latence qui fomente les pérégrinations inconscientes, une lente maturation, le désir d’aboutir.

 

Ce temps d’attente – dont j’ai besoin – me surprend toujours. Car il sollicite l’éclosion des émotions profondément enfouies, non dévoilées jusqu’alors et qui nourrissent abondamment le processus. J’ai appris à ne pas perdre confiance face à ce « temps mort » qui n’a rien de figé. Qui, au contraire fertilise l’œuvre.

 

Et soudainement la route s’ouvre, se trace, la composition prend vie .

 

Puis vient la phase d’encrage. Le message de l’image émerge. C’est un temps passionnant du choix des teintes, des nuances , des transparences. Un plaisir du contact direct de la paume de la main pour révéler le chant de l’image.

 

Je reprends là les mots de Rainer Michael Mason, cette phase ultime relève de « la qualité tactile et de la lumière du papier et des inflexions colorées de l’encrage ».

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