Nathalie Mouchnino

J’ai eu récemment la chance de participer à une exposition collective sur le thème de la nostalgie au Musée Forel à Morges. Dans la série Sédiments et carnations j’ai travaillé sur la figure du fossile, une trace du vivant, de fragments de corps. Ce vestige n’existe que parce qu’il est entré en contact étroit avec l’être disparu. Il porte une forme de témoignage, la mémoire d’une nature muée en empreinte quasi-éternelle. Il est une présence-absence.

Peut-on être ému par un fossile ? Pour répondre à cette question, je me suis engagée dans une recherche qui propose de repenser le rapport de la forme à la présence.
La peinture restitue un peu du vivant, en l’amenant sur le terrain de l’imaginaire. Les concrétions que je compose résultent de combinaisons d’empreintes de figures fossilisées auxquelles je donne une texture : nuances, imperfections, veinures. Je tente de restituer les carnations du vivant à des reliefs et à des creux qui ne sont jamais des vides.
La peinture ne peut pas ressusciter les formes disparues, mais elle me permet d’interroger la frontière entre la disparition, l’absence, le souvenir et la résurgence de ce qui a été.

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