Vincent Moreau

« Irrésistibles présences » – texte de Serge Le Diraison lors de l’Exposition personnelle à la galerie l’Echiquier, 2019, Paris 10ème

« Faut voir ce que ça donne ! » aime toujours à dire Vincent Moreau au fil de son chemin de recherche dont témoignent ses séries, explorations matérielles et formelles, inséparablement, autour d’esquisses préalables sur le motif, dont il ne reste plus que l’essentiel. Une vraie ascèse en noir et blanc, sans plus rien qui pose ou qui pèse, ni jolie rhétorique, ni confortable ou rassurante représentation décorative. Juste les griffures de la gravure ; la densité nuancée des encres qui informe, structure sous nos yeux le jaillissement du phénomène, comme un cri. L’essentiel ? Précisément, la révélation de ce que ça donne à voir, la violence de la donation du visible, « ce qui manque d’une appellation » selon P. Valéry : le surgissement de l’intense présence qui porte le motif. Le déferlement plus que la vague ; l’irrésistible avancée, plus que le navire ; l’élan de l’étreinte, plus que le détail des traits des amants ; la force concentrée de la lecture, plutôt que le visage du lecteur ; le mouvement de la chevelure, plutôt que la coiffure …
Il faut effectivement cette ascèse de la représentation, à laquelle nous convie Vincent Moreau, pour en revenir à l’essentiel, l’émotion de la vision, contre la reconnaissance léthargique des formes établies.

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