Sylvie Loeb

Un brouillard d’oiseaux qui s’ébrouent dans le ciel ; un bruissement mêlé d’ailes et de feuillages ; un groupe de corbeaux sombres et de passereaux à ventre tacheté en plein conciliabule ; un hibou chamarré aux yeux ronds, comme étonnés ; un arbre aux mille racines profondément implantées dans le sol ; un profil de montagne découpé sur fond de rouille brun-orangé ; un enchevêtrement profus et léger de lianes et branchages, à moins que ce ne soient les trajectoires de vols d’étourneaux, embrouillées et joueuses… Au bout de ses burins et pinceaux, Sylvie Loeb est une conteuse. Mais de ses histoires, elle ne livre que des bribes, des séquences brèves et allusives qui surgissent sur la page sans préméditation. A chacun ensuite de se raconter librement l’avant et l’après ! Rien n’y est jamais figé, arrêté, clos. Tout y reste en mouvement, suspendu. Jamais de surfaces recouvertes ni de grandes plages de couleur, c’est la ligne ici qui est reine. Elle reste légère et mobile, mais son tracé noir jamais en repos griffe, balafre, égratigne les taches et les éclaboussures de couleur et scarifie la peau du papier.

Françoise Jaunin

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