Article de Michèle Laird.
Katia Bornoz traduit dans ses tableaux toute la souplesse du mouvement, comme si elle faisait encore corps avec la danse qu’elle pratiquait comme métier. Dans ses peintures grandes comme les vagues, dans ses monotypes petites comme des albums, la lumière danse avec les couleurs.
Dans un parcours peu commun, Katia devient une plasticienne accomplie en moins de cinq ans sans passer par la case école d’art.
Elle sait, dès ses premières explorations, que plus rien n’arrêtera son élan. L’intuition guide ses gestes, mais non sans la discipline que lui avait imposé la danse.
Art-folio by Michèle Laird
Démarche artistique par Marie Bagi directrice du MAF et fondatrice de Espace Artistes Femmes
Katia Bornoz, le geste comme respiration
Chez Katia Bornoz, tout part du mouvement.
Née à Lausanne d’un père vénitien et d’une mère alsacienne, elle grandit
entre deux cultures, deux sensibilités, et trouve très tôt son langage dans le
corps. À cinq ans, elle entre dans l’école de Simone Sutter, où elle découvre
la danse classique. Ce premier apprentissage est une aventure du corps,
marquée par la rigueur et l’exigence. À Zurich puis à Paris, elle se
perfectionne avant d’intégrer le Grand Théâtre de Dijon. La scène devient
alors son espace vital, un territoire d’expression où elle transforme les
émotions en gestes.
Lorsque ses parents divorcent et que son père s’éloigne, la danse devient un
refuge, un exutoire. Chaque arabesque, chaque pas répété la relie à ce qui
reste vivant en elle. Pendant dix ans, elle danse professionnellement, puis
une blessure au genou gauche, à la veille de ses trente ans, interrompt
brutalement cet élan.
Il faut alors se réinventer.
La reconversion se fait d’abord dans un autre monde : celui de Swatch, où
elle participe au lancement de la Flick Flack, montre emblématique des
années 1990. Six années passées dans cette entreprise forgent une autre
forme de rigueur, mais l’art n’est jamais loin. Après la naissance de son
premier fils, Katia se consacre à sa famille tout en nourrissant sa curiosité
créative. Elle entreprend une formation en décoration d’intérieur, suit des
cours du soir durant trois ans et obtient un certificat de décoration
d’intérieure, agencement et mobilier ainsi qu’un brevet d’ensemblière,
décoratrice à l’école M. J. Dubois de Lausanne. Parallèlement, elle apprend
les techniques des meubles patinés : travail des pigments, des liants, des
textures. De là naît son entreprise Rêves d’intérieurs, qu’elle dirige pendant 10 ans.
Mais la peinture finit par s’imposer comme un retour à l’essentiel.
Le passage de l’objet au support plat est une libération. La technique,
acquise au fil des années, se met au service d’un geste plus instinctif. Katia
collectionne les pigments, les connaît, les sent, les mélange. Elle suit des
stages avec Jacques Walter, qui lui loue son atelier un temps, avant de
s’installer dans le sien, à Pully. C’est là, dans cette lumière, qu’elle peint.
Ses toiles commencent toujours à plat, au sol. Le geste s’y déploie large,
ample, presque chorégraphique. Puis elle redresse la toile, la confronte à la
verticalité, comme pour éprouver la gravité du mouvement. Le corps se met
en action, retrouve l’énergie de la danse : la tension du muscle, la respiration
du rythme, le relâchement du souffle. Le mouvement est sa première matière.
Elle parle de lâcher-prise, mais c’est un lâcher-prise maîtrisé, celui que nous
apprenons en répétant, en tombant, en recommençant. La peinture devient
une danse silencieuse. Le pinceau suit la musique qu’elle écoute, son geste
répond aux battements d’un morceau, à une pulsation intérieure. « La
première chose qui m’anime, c’est le mouvement », dit-elle.
Katia expérimente : acrylique, encres de Chine, crayons de couleur, pigments
purs. Elle aime sentir la densité du terre de vigne, la luminosité d’un bleu
profond. Ses toiles naissent de ces variations de textures et d’intensités. La
matière est travaillée comme une peau, parfois grattée, parfois polie, toujours
en mouvement.
L’ancienne danseuse retrouve ici la scène : l’atelier devient un plateau, la
toile un partenaire. Le geste est respiration, incarnation, dialogue entre le
corps et la matière. Chaque ligne est un souffle, chaque trace, une pulsation.
La discipline de la danse a forgé en elle une conscience aiguë du geste juste.
Elle sait que la liberté ne s’obtient que par la répétition, que le lâcher-prise est
un fruit de la rigueur. Ses toiles portent cette tension, entre précision et
spontanéité, entre structure et flux. Elles vibrent d’une énergie organique,
fluide, presque chorégraphique.
Katia cite souvent Rainer Maria Rilke, dont les mots guident son processus :
« Votre doute lui-même peut devenir une bonne chose si vous en faites
l’éducation. ». Le doute, chez elle, n’est pas paralysant : il est moteur, un
souffle qui pousse à chercher plus loin. Peindre, pour elle, c’est questionner
ce doute, c’est l’habiter, le transformer en mouvement.
Ainsi, le geste devient langage, le mouvement, écriture.
Dans chacune de ses œuvres, nous retrouvons le rythme du corps, la
musicalité du trait, l’énergie de la vie en perpétuel déséquilibre. Chaque toile
est une traversée entre la danse et la peinture, entre l’abandon et la maîtrise,
entre la mémoire du corps et le présent du geste.
Pour Katia, la peinture est une danse continuée par d’autres moyens.
Un art du souffle et du recommencement.
Un dialogue sensible entre le corps, la matière et la lumière.
Dre Marie Bagi
Directrice du Musée Artistes Femmes (MAF)
CV artistique
CERTIFICATS
2022/2023 – Luxembourg Art Prize, Certificats de mérite artistique.
2023/2024 – Médiatrice culturelle espace artistes femmes Lausanne.
BOURSE
2023/ Soutien financier de la Mobilière pour ma première exposition personnelle Grand écart.
2025/ Soutien d’un collectionneur privé pour mon exposition à La vidondée Riddes Arts et culture
EXPOSITIONS
2026
Mouvements EXPO PERSONNELLE – IFSA La Foncière LAUSANNE – Murs porteurs
LA VIDONDEE – RESONNANCES EXPO PERSONNELLE – Commissaire d’exposition Marie Bagi – RIDDES ART CULTURES
MAAF LAUSANNE MUSEE ARTISTES FEMMES
ESPACE GRAFFENRIED – AIGLE – Exposition personnelle
2025
Mouvements EXPO PERSONNELLE – IFSA La Foncière LAUSANNE – MURS PORTEURS
Table ronde – MAISON DE LA FEMME LAUSANNE – Les femmes artistes d’hier à aujourd’hui, Dre Marie Bagi et Alexia Weil modérée
par Katia Bornoz
ESPACE _ 28 – SLOKE – Pateforme pluridisciplinaire – LAUSANNE
2024
Fluidites – Espace artistes femmes
On ose tout contre le cancer – evenement philantropique Royal Savoy en faveur d’Ose therapie Lausanne
Le champ des possibles – art fair villars palace
Expressions au féminin – espace artistes femmes Lausanne – universite populaire lausanne
Kaleidoscope EXPO PERSONNELLE – Ose therapies Lausanne
Mouvements EXPO PERSONNELLE – IFSA La Fonciere LAUSANNE – Murs porteurs
2023
Celebrating Women artists – garage du Flon – espace artistes femmes
Grand écart EXPO PERSONNELLE – espace démart Lausanne – commissaire d’exposition Marie Bagi
Expressions feminines – Espace artistes femmes lausanne – EHL LAUSANNE
Hommage à david santos – espace artistes femmes Lausanne – fondation du CHUV
ETE 1983 – 84
Danseuse
Spectacles son et lumière.
Château de Lapalisse
Direction : M. Jean-François Demange.
1981 – 82 – 83 – 84
Danseuse
Engagement ballet du grand théâtre de Dijon.
Rôles de soliste
Direction : M.Pierre Filippi
Chorégraphe et maître de ballet : M.Serge
Bonnafoux.
Divers rôles de solistes.
1981
Danseuse
Spectacles son et lumière.
Château de Lapalisse
Direction : M. J-F Demange.
1980
Danseuse et élève
Maitre Daïni Kudo.
Spectacles
1977 – 78 – 80
Danseuse
Compagnie Schweizer Kammerballet.
Direction : M. Jean Deroc.
Rôles de solistes.
1978
Danseuse
Concours de chorégraphie de Nyon
Prix de la meilleure chorégraphie par Armin Wild
Soliste
1980
Perfectionnement de danse classique à
Paris
Maitre Daïni Kudo
Maitre Serge Perreti
Maitre Raymond Franchetti
1976 -1979 /80
Ballet berufschule Zurich
Diplômes de la Royal Academy of London
Elementary et Intermediate
1967 – 1976
Ecole de danse Simone Sutter Lausanne
Ballet de la jeunesse Suisse Romande