Les œuvres de Simon Kroug ne sont pas de simples représentations de paysages, mais
des récits sensoriels où mémoire et perception s’entremêlent. Guidé par ses propres photographies prises lors de voyages et de promenades solitaires, il reconstitue des horizons et des panoramas imprégnés des échos de son expérience vécue. Le choix de matériaux fragiles, tels que le papier japonais et thaïlandais, devient une métaphore de la délicatesse et du caractère éphémère de la mémoire elle-même. Les lignes émergent sous des formes variées, les textures oscillent entre présence et flou, et les couleurs — des bleus contemplatifs
au noir austère, ponctué de touches d’orange fluo, de rose et d’ocre, les œuvres évoquent ces moments où le passé revient brièvement à la surface avant de s’estomper à nouveau. Les peintures et gravures de Kroug invitent le spectateur à ralentir le rythme, à se laisser aller à un dialogue intime et poétique avec les paysages qu’il réinvente, à la fois familiers et insaisissables, suspendus entre souvenir et rêverie.