Diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Sassari en Italie, Lucia Masu complète sa formation avec un certificat en restauration de peintures à Florence, avant de réaliser un Master of Arts in Public Spheres à l’EDHEA, obtenu en 2021. Son parcours artistique n’est pas linéaire, mais organique. Il se déploie dans une fluidité des formes de médiation, entre vidéo et écriture, dessin et objets, et plus récemment performance sonore du texte.
Elle s’interroge sur la notion de subjectivité et sur son élargissement éco-socio-bio-graphique, avec l’intention d’inscrire la narration individuelle dans un contexte relationnel, incluant les dimensions écologiques, sociologiques et biologiques. Son objectif est de percevoir l’être humain dans un système de relations et d’interdépendance, plutôt qu’à travers une vision individualiste fondée sur la séparation. Sa pratique artistique s’inscrit dans la dimension de l’« après », un temps suspendu entre futur et présent, où tout est à reconstruire, à soigner, à réinventer : la perception de soi, les liens entre humains et non-humains, et un monde en ruines. Le lieu de ses explorations se situe au-delà de la surface visible : un espace de mémoires qui demande un travail de recomposition de fragments, de reconstitution de sens, de réparation de la perte. La méthodologie de l’archéologue — fouiller, récupérer, analyser, réparer — structure symboliquement sa démarche artistique.